Sartre par lui-même - Documentaire (1972) - SensCritique   SARTRE PAR LUI-MÊME (1976)

Sartre par lui-même est un film documentaire français réalisé par Alexandre Astruc et Michel Contat, sorti en 1976.


Trois heures de tête à tête avec Jean-Paul SARTRE, chez lui, entouré de ses camarades de la revue LES TEMPS MODERNES et de Simone de BEAUVOIR. L'écrivain et philosophe se livre à une véritable autobiographie intellectuelle.
Souvent distribué (surtout sur petit écran) en deux parties, cette biographie de Jean-Paul SARTRE est conçue sur un mode chronologique, partant de l'évocation de son enfance jusqu'à ses dernières prises de positions politiques.

o Première partie : LE TEMPS DE LA REFLEXION (90 min.)
« Je déteste mon enfance et tout ce qui en a suivi » (Jean-Paul SARTRE).
C'est par ce besoin de témoigner sur son enfance que SARTRE s'attache longuement à cette époque, comme si elle devait forcément expliquer le reste de sa vie.

o Deuxième partie : LE TEMPS DE L’ENGAGEMENT (97min.)
Durant plus de trente ans, SARTRE a incarné aux yeux du monde le symbole de l'intellectuel engagé. Aucun intellectuel depuis la seconde guerre mondiale n'a autant dérangé ou provoqué le scandale, ni autant été vilipendé, insulté, haï pour ce qu'il était et ce qu'il écrivait.

Tourné pour l'essentiel en Février 1972 et Mars 1972, le film SARTRE PAR LUI-MÊME, interrompu pour des raisons financières, a été monté durant l'automne 1975 et l'hiver 1976.
Il a été projeté, pour la première fois, le 27 Mai 1976, lors de la 29ème édition du Festival de Cannes, hors compétition.

Réalisation : Alexandre Astruc et Michel Contat
Scénario : Alexandre Astruc et Michel Contat
Photographie : Renato Berta et Jean-Jacques Machuel
Montage : Annie Chevalley
Musique : Luc Perini
Production : INA - Sodaperaga Productions
Pays : Drapeau de la France France
Genre : Documentaire
Durée : 191 minutes
Date de sortie : France - 27 octobre 1976

De la Sorbonne au cimetière du Montparnasse: le Paris de Sartre et Beauvoir  | Simone de beauvoir, Sartre, Boris vian


L'Abécédaire de Gilles Deleuze - Documentaire (1996)      L'ABÉCÉDAIRE DE GILLES DELEUZE (1988/1989)

L'Abécédaire de Gilles Deleuze est un documentaire français produit par Pierre-André Boutang et tourné entre 1988 et 1989, qui consiste en une série d'entretiens entre le philosophe Gilles Deleuze et son élève la journaliste Claire Parnet.  Sa première diffusion eut lieu par épisodes sur Arte en 1995, dans l'émission du même Pierre-André Boutang intitulée Metropolis.


Composé de huit heures d'entretiens avec le philosophe français Gilles Deleuze, l'Abécédaire est le seul film consacré à ce penseur qui a toujours refusé d'apparaître à la télévision. Il accepta pour cette unique fois des entrevues avec une équipe de télévision, à condition que ce film prenne la forme de conversations entre lui et son ancienne élève et amie Claire Parnet et qu'il soit diffusé après sa mort.

Comme son nom l'indique, ce film est découpé en vingt-cinq thèmes classés par ordre alphabétique où Gilles Deleuze aborde certaines de ses idées et concepts, mais aussi des questions plus personnelles (par exemple dans « B comme boisson », « E comme enfance », ou « M comme maladies ») en liaison avec son travail philosophique. Si Deleuze connaissait à l'avance les titres des séquences, il ignorait le contenu exact des questions.

Claire Parnet convainc Deleuze d'autoriser la diffusion dès janvier 1995 sous forme de feuilleton dans l'émission de Pierre-André Boutang sur Arte. Le 29 octobre, on est arrivé à la lettre "G" et le 4 novembre le philosophe se donne la mort. La diffusion continue et la sortie d'abord en VHS, puis 2004 en DVD, est un succès commercial inattendu.

THÈME ABORDÉS 

A comme Animal
B comme Boisson
C comme Culture
D comme Désir
E comme Enfance
F comme Fidélité
G comme Gauche
H comme Histoire de la philosophie
I comme Idée
J comme Joie
K comme Kant
L comme Littérature
M comme Maladies

N comme Neurologie
O comme Opéra
P comme Professeur
Q comme Question
R comme Résistance
S comme Style
T comme Tennis
U comme Un
V comme Voyage
W comme Ludwig Wittgenstein
X et Y comme Inconnue (mathématiques)
Z comme Zigzag


Producteur artistique : Pierre-André Boutang
Entretien : Claire Parnet
Réalisation : Michel Pamart
Image : Alain Thiollet
Son : Jean Maïni
Montage : Nedjma Scialom
Mixage : Jacques Pietrobelli
Années de tournage : 1988-1989
Images de Vincennes : Marielle Burkhalter

A COMME ANIMAL

H COMME HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE

L COMME LITTÉRATURE

S COMME STYLE


Documentaire "Jean Baudrillard Mots de passe" - FilmsDocumentaires.com     JEAN BAUDRILLARD, MOTS DE PASSE (1999)

Jean Baudrillard (1929-2007) est un philosophe; Il consacre son œuvre à l'observation de la société de consommation, puis à la virtualisation de notre monde et "au triomphe des simulacres". Jean Baudrillard est décédé le 6 mars 2017.


"Mots de passe... L’expression me semble assez bien dessiner une façon quasi initiatique d’entrer à l’intérieur des choses, sans pour autant en dresser un catalogue. Car les mots sont porteurs, générateurs d’idées, plus encore, peut-être, que l’inverse. Opérateurs de charme, opérateurs magiques, non seulement ils transmettent ces idées et ces choses, mais eux-mêmes se métaphorisent, se métabolisent les uns dans les autres, selon une sorte d’évolution en spirale. C’est ainsi qu’ils sont passeurs d’idées."

02:53​ L'objet
08:04​ La séduction
17:02​ La valeur
24:06​ L'échange impossible
30:54​ L'obscène
35:28​ Le virtuel

40:23​ L'échange symbolique
46:37​ La transparence du mal
54:14​ La fin
01:02:09​ Le crime parfait
01:09:03​ Le destin
01:15:11​ La dualité
01:21:32​ La pensée


Derrida (2002) - IMDb      DERRIDA (2002)

Pendant cinq ans, les réalisateurs Kirby Dick et Amy Ziering Kofman ont suivi l'un des plus visionnaires et influents penseurs du XXe siècle, un homme qui a changé la façon dont nous appréhendons l'art, l'histoire, le langage : Jacques Derrida.


Et si nous pouvions regarder Pascal élaborant ses Pensées ou Socrate répétant ses dialogues ? Et si nous pouvions observer Descartes ou Spinoza au travail, à la maison, dans leur quotidien ? Peut-être les aborderions-nous différemment ? Peut-être les comprendrions-nous mieux ? 
Cinq ans durant, Kirby Dick et Amy Ziering Kofman ont suivi celui qu’ils considèrent comme l'un des penseurs les plus visionnaires et influents du 20e siècle, un homme qui a changé la façon dont nous appréhendons l'art, l'histoire, le langage : Jacques Derrida.

Derrida n’était pas un philosophe particulièrement médiatisé. Pendant longtemps, il n’existait que très peu de photos de lui et il ne fait certainement pas partie de ceux qui ont fréquenté les plateaux de télévision. Raison de plus pour accorder une attention particulière au film que deux réalisateurs américains, Kirby Dick et Amy Ziering Kofman lui ont consacré.

Ce film apparaît d’abord comme un portrait au sens classique. Mais il s’en distingue rapidement par bien des aspects. S’il utilise des interviews, non seulement elles n’occupent qu’une place relativement restreinte dans la durée totale du film, mais en outre elles dérogent presque systématiquement aux règles du genre. Derrida en effet donne l’impression de s’efforcer de répondre aux questions qui lui sont posées, mais c’est pour répondre qu’il n’est pas possible de répondre. Autrement dit, il ne refuse pas de répondre, il ne réfute pas la question comme étant une fausse question, une question sans intérêt, mais il montre que les réponses qui peuvent être faites ne peuvent être que des non-réponses. Par exemple, il en est ainsi de la question sur l’amour ou sur les conditions de sa rencontre avec sa femme, présente à côté de lui sur le canapé de leur salon. Cette dernière question ne peut appeler que des réponses factuelles et contient donc en elle-même une part inévitable de dissimulation. Quant à la question de l’amour, elle est si générale qu’elle n’appelle qu’une réponse générale, ce qui est étranger au mode de pensée du philosophe. De

non-réponses en non-réponses, le film progresse cependant dans l’approche de cette façon de penser si particulière du philosophe de la « déconstruction », thème mis en position centrale dans le film mais que Derrida n’aborde jamais de façon directe. Le film ne vise pas à expliquer ce qu’est la déconstruction selon Derrida. Il se limite – mais n’est-ce pas ce que le cinéma peut faire de mieux ?– à mettre le spectateur en situation d’en élaborer, bribes par bribes, le sens.



AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)
Kirby Dick, Amy Ziering Kofman
IMAGE
Kirsten Johnson
SON
Mark Z. Danielewski
MONTAGE
Kirby Dick, Matt Clarke
MUSIQUE ORIGINALE
Ryuichi Sakamoto
PRODUCTION / DIFFUSION
Jane Doe Films


René Girard, la violence et le sacré     RENÉ GIRARD, LA VIOLENCE & LE SACRÉ (2006)

René Girard, qui vient de rentrer à l’Académie française, est l’un des penseurs les plus originaux de notre temps. Longtemps considéré comme marginal dans le système universitaire français, il a fait sa carrière aux États-Unis et a su inspirer des chercheurs de tous horizons : économistes, anthropologues, critiques littéraires, philosophes, psychologues ou théologiens. Tous, dans le droit fil de ses analyses, ont décrit le rôle de la violence et du religieux dans la constitution de la culture.


Trois heures d'autobiographie inédites expliquant les fondamentaux de la pensée girardienne: la théorie du mimétisme, le mensonge, la violence, la religion et le sacré, le principe du bouc émissaire... Une pensée dont René Girard a bâti les fondements grâce notamment à son analyse des romans de grands écrivains: Dostoïevski, Stendhal, Proust ou Cervantès.

René Girard, né à Avignon en 1923, membre de l'Académie française depuis 2005, est l'un des penseurs parmi les plus originaux de notre temps. Longtemps considéré comme marginal dans le système universitaire français, il a fait sa carrière aux Etats-Unis et a su inspirer des chercheurs de tous horizons: économistes, anthropologues, critiques littéraires, philosophes, psychologues ou théologiens. Tous, dans le droit fil de ses analyses, ont décrit le rôle de la violence et du religieux dans la constitution de la culture.

Dans cette série d'entretiens menés par Pierre-André Boutang et Benoît Chantre, René Girard revient sur les grandes étapes de sa carrière et les livres qui l'ont jalonnée: "Mensonge romantique et vérité romanesque" (1961), "La violence et le sacré" (1972), "Des choses cachées depuis la fondation du monde" (1978), "Le bouc émissaire" (1982), "Je vois Satan tomber comme l'éclair" (1999) ou "Les origines de la culture" (2004).

Vivant, alerte, souvent drôle, René Girard aborde ici les thèmes qui lui sont chers: les modes intellectuelles, le statut social du religieux, les ressorts du mimétisme, les erreurs du freudisme, la religion et la science, mais aussi et surtout la Bible et l'actualité d'une pensée apocalyptique, autant d'éléments qui modèlent sa vision des événements actuels.


Pierre-André Boutang (né à Paris, 1937 – mort le 20 août 2008 à Porticcio en Corse) est un documentariste, producteur et réalisateur français. Il a été l'un des dirigeants de la chaîne franco-allemande Arte après avoir compté parmi ceux de La Sept. Il est le fils du philosophe Pierre Boutang et le demi-frère de l'économiste Yann Moulier-Boutang.


Simone de Beauvoir, une femme actuelle - Téléfilm (2008)   SIMONE DE BEAUVOIR, UNE FEMME ACTUELLE (2007)

Evoquer la personnalité de Simone de Beauvoir, c’est partir sur les traces de la romancière et philosophe, de la militante politique et féministe, mais aussi de la femme, dans toute sa richesse et sa complexité, à la lumière d'une époque riche en bouleversements pour la société toute entière. 


À l’occasion du centenaire de la naissance de Simone de Beauvoir (janvier 1908), Dominique Gros évoque la personnalité à la fois de la romancière, de la philosophe, mais aussi de la militante politique et de la féministe. Le film va à la rencontre de cette femme, dans toute sa richesse et sa complexité, à la lumière d’une époque riche en bouleversements. Le couple qu’elle formait avec Jean-Paul Sartre fut un pilier de la vie littéraire et politique des années 1940 à 1970. Leurs engagements politiques à partir de la fin de la deuxième guerre mondiale font d’eux des intellectuels de gauche existentialistes et anticolonialistes. Ses romans sont tous des transpositions de sa vie : "L’Invité" (1943), "Les Mandarins" qui lui a valu le Prix Goncourt 1954. Son essai "Le Deuxième Sexe" est traduit dans le monde entier. Cette réflexion globale sur la condition féminine, dont Beauvoir ressentait fortement la dimension tragique, continue aujourd’hui de bouleverser la vie des femmes. Une partie du film évoque l’axe franco-américain de la vie de Simone de Beauvoir : les paysages urbains, les bars, New York, Chicago, Paris... l’ensemble de l’évocation qu’elle soit politique ou littéraire s’organise parallèlement entre la France et les États-Unis. En effet, depuis son voyage en Amérique en 1947 et sa rencontre avec son grand amour Nelson Algren et jusqu’à la fin de sa vie Simone de Beauvoir fera de nombreux allers-retours entre les deux pays


Auteure-Réalisatrice : Dominique Gros
Images : Bertrand Mouly ; Nathalie Durand
Son : Antoine Rodet
Montage : Martine Bouquin
Producteurs : Les Films d'ici / Martine Saada


Le Bonheur d'alexandre     LE BONHEUR D'ALEXANDRE (2007)

Alexandre Jollien est né en Suisse en 1975 avec un handicap moteur cérébral. Aujourd'hui écrivain et philosophe, il a publié deux livres Eloge de la faiblesse (CERF 1999) et Le Métier d'homme (Le Seuil 2002).

Pendant plus d'un an et demi, Joël Calmettes est allé à sa rencontre. Jalonné par les étapes de la découverte d'une personnalité et d'un parcours hors du commun, le film fait notamment écho à l'une des réflexions d'Alexandre Jollien : « Je crois qu'une des chances de ma vie c'est de m'être senti comme faible et de cheminer vers plus de progrès. »
En résulte le portrait, joyeux, d'un homme singulier dont l'attitude et la parole sont riches d’enseignements.

Joël Calmettes est auteur et réalisateur de films documentaires. Il est né le 11 avril 1960.
Après des études d’ingénieur et de philosophie, un passage dans l’univers du théâtre, il s’oriente finalement vers l’image, d’abord du côté de l’art vidéo puis du reportage (notamment pour des organisations humanitaires). Il tourne son premier documentaire à la fin des années 80 et depuis ne se consacre plus qu’à ce genre.
En 2003 Joël Calmettes a créé Chiloé Productions avec Erik Orsenna pour développer des projets personnels.


  Livre : Le besoin de croyance | Philosophie Magazine   JACQUES BOUVERESSE (2008) 

Les politiques, publicitaires, experts, journalistes, philosophes et autres nous racontent des histoires à propos desquelles il est légitime de se demander si on doit les croire. Où est la vérité et quel poids lui reste-t-il ? Mais tenons-nous vraiment à la connaître ? Le faux et l’erreur ne seraient-ils pas plus importants pour nous que la vérité, à laquelle nous sommes censés tenir passionnément ? Nietzsche a même dit que la naissance d’une illusion a été une exigence de la vie. Cependant… les dangers de l’illusion sont bien réels…


Ces questions et bien d’autres sont traitées par Jacques Bouveresse qui plaide pour une forme de rationalisme que l’on pourrait appeler « satirique ». Influencé par Wittgenstein, le Cercle de Vienne et la philosophie analytique, Jacques Bouveresse a étudié aussi bien les œuvres d’écrivains comme Robert Musil et Karl Kraus que celles de la philosophie de la logique et du langage, de la philosophie.

Le poison s’est répandu dans la maison. L’opinion, contre laquelle luttait Platon, infeste à nouveau la raison. Au pays des sondages et des horoscopes, la vérité est semblable à l’illusion, déplore Jacques Bouveresse, face à la caméra de Gilles L’Hôte. Avec l’avènement de la démocratie planétaire, sa religion des droits de l’homme et son régime « capitalo-parlementaire », « il est difficile de s’en prendre à l’opinion, comme cependant depuis Platon, il semble que ce soit le devoir de toute philosophie », constate Alain Badiou dans son Second manifeste pour la philosophie.

Il s’est même trouvé des philosophes, tels Richard Rorty (1931-2007), bien décidés à « renoncer à l’idée de vérité », rappelle Bouveresse dans son cours télévisé. Ainsi, la fameuse phrase de Nietzsche, « il n’y a pas de faits, juste des interprétations », ne cesse de projeter son ombre sur notre rapport à la véracité. Contre cette idée, Bouveresse réaffirme que la vérité n’est pas soumise aux aléas de l’opinion. Aussi nous invite-t-il à pratiquer « l’autodéfense intellectuelle » face à la consécration médiatique de ceux qui transforment les opinions en concepts. Ainsi Badiou déclare-t-il urgent de « démoraliser la philosophie » face à ces « paladins médiatiques » pour qui « il faut être gentil et démocrate plutôt que méchant et totalitaire » – évidence qui ne saurait tenir lieu de pensée.

Différents, voire divergents, il n’est pas étonnant que Badiou et Bouveresse se retrouvent dans cette dénonciation de l’emprise de l’opinion. Il y a une vingtaine d’années, tous deux avaient résisté à la mort annoncée de la philosophie. C’était l’époque où l’on sonnait la fin des « grands récits » et des concepts à majuscules – Patrie, Prolétariat, Progrès. C’était l’ère du soupçon généralisé envers une culture qui n’avait pas empêché Auschwitz. Dans son premier Manifeste pour la philosophie (1989), Badiou voulait « soustraire la philosophie du pathos de la fin ». Avec Le Philosophe chez les autophages (1984), Bouveresse cherchait, dans le sillage de Wittgenstein, à maintenir les conditions de la « recherche de la vérité ».

À l’aide d’un « platonisme sophistiqué » (Badiou) et d’un « rationalisme satirique » (Bouveresse), ces deux empêcheurs de penser en rond réaffirment la nécessité du vrai face au relativisme généralisé. À une différence près. Pour le premier, c’est à la « propagande » démocratique que la philosophie doit s’attaquer, comme le fit Platon, au nom d’un « communisme de l’Idée ». Pour le second, le développement de « la sensibilité à la vérité » serait au contraire un « ingrédient essentiel » d’une vie démocratique soustraite à la tyrannie médiatique. À chacun, comme disait Rimbaud, de choisir entre ces deux « révoltes logiques »

LE BESOIN DE CROYANCE ET DE VERITE

LES INTELLECTUELS ET LES MEDIAS


Paul Ricoeur (Philosophe de Tous Les dialogues)    PAUL RICOEUR, PHILOSOPHE DE TOUS LES DIALOGUES (2008)

Paul Ricœur (1913 - 2005) est l’un des grands philosophes français du XXe siècle. Il est un exemple - rare - de ces intellectuels qui tentent de répondre au réel en penseurs et non en maîtres à penser.


Caroline Reussner dresse dans ce film le portrait d’un homme hors du commun. Paul Ricœur, philosophe de tous les dialogues restitue étroitement le fil biographique et la pensée de Ricœur, au travers d’entretiens avec le philosophe et du témoignage de ses proches, de ses anciens élèves et collaborateurs, qui discutent aujourd’hui sa pensée, l’éclairent et l’expliquent.

QUESTIONS TRAITÉES

  • Les années de formation
    La philosophie de la volonté
    Le débat avec Sartre
    La question du mal
    Penser le politique
    L’herméneutique
    Le défi freudien
    L’expérience américaine
    Une réponse au structuralisme

La question du temps
Soi-même comme un autre
La question du juste
La Mémoire, l’Histoire, l’Oubli
Parcours de la reconnaissance
La critique et la conviction
Vivant jusqu’à la mort
Apport de sa pensée
L’amitié


Michel Foucault Contre Lui-même: Amazon.fr: Michel Foucault, François  Caillat, Michel Foucault: DVD & Blu-ray       FOUCAULT CONTRE LUI-MÊME (2014)

Trente ans après sa mort, Michel Foucault demeure l’un des plus influents intellectuels français. Un documentaire, « Foucault contre lui-même », éclaire rigoureusement cette pensée en perpétuelle transformation.


Face à l’œuvre éclatée de Michel Foucault, tout lecteur peut se demander comment un même auteur a pu écrire en vingt ans autant de livres différents. Comment saisir cette articulation entre la dissémination et la cohérence du travail du philosophe trente ans après sa mort ? C'est à partir de cette énigme, posée par le sociologue Geoffroy de Lagasnerie, que François Caillat déploie dans son documentaire Foucault contre lui-même une réflexion éclairante sur les lignes de force d'une pensée toujours influente dans le champ intellectuel.
Nourri des analyses avisées de quelques autres penseurs proches de l’œuvre de Foucault (et de l'homme lui-même) - Didier Eribon, Arlette Farge, Leo Bersani, Georges Didi-Huberman -, le film identifie les enjeux, détours, paradoxes apparents d'une pensée qui semble sans cesse se contredire et se reprendre elle-même. Foucault, rappelle Geoffroy de Lagasnerie, "prend comme point de départ de chacun de ses livres son précédent livre pour s'en défaire", dans un dialogue constant avec lui-même ; "écrire, c'est se déprendre de soi-même, c'est se transformer". Chacun de ses livres est une manière de découper un objet et de forger une méthode d'analyse ; "il part de là où il s'était arrêté pour devenir autre chose".
A partir de ce fondement absolu de la manière de penser chez Foucault, François Caillat explore plusieurs strates de son œuvre, en autant de chapitres successifs et entremêlés : sa réflexion sur le pouvoir, inaugurée avec son Histoire de la folie à l'âge classique ; ses engagements militants ; la place qu'il accorde progressivement au souci de soi ; son goût des marges.
En se penchant sur l’histoire de la psychiatrie, Foucault s’intéresse au fonctionnement du pouvoir qui, à la manière d’un “opérateur d’exclusion”, organise des frontières au sein d’un même espace social, comme celle entre la folie et la raison. “Je fais l’histoire des problématisations, c’est-à-dire l’histoire de la manière dont les choses font problème”, expliquait Foucault lui-même.
“Que sommes-nous aujourd’hui ?”
Pour autant, son travail conceptuel ne pouvait se distinguer d’une prise de parole “militante”. Si l’acte intellectuel reste premier chez lui, Foucault mesure aussi le risque d’une pensée qui se complairait dans les concepts, détachée de l’actualité qu’il voulait au contraire cartographier. Le philosophe assignait à son activité une question permanente et sans cesse renouvelée : “Que sommes-nous aujourd’hui ?” Il croyait tellement à ce rapport d’imbrication entre la philosophie et son époque qu’il ne cessa de le mettre en pratique, pas si éloigné en ce sens de Sartre, avec lequel il partagea des combats politiques, par-delà leurs différends théoriques. Cette articulation entre théorie et pratique se développa après Mai 68, à l’université de Vincennes, puis au Collège de France où il enseignait. Il ne cessa durant les années 70 de prendre part aux luttes sociales, qui pour lui étaient toutes centrales, au même niveau d’importance (prisonniers, immigrés…). Ses engagements se nourrissaient de ses réflexions et réciproquement : cet aller-retour dialectique explique aussi l’évolution de son travail. Inaugurée sous des cieux structuralistes et antihumanistes, dans son livre clé Les Mots et les Choses notamment, dans lequel les structures et les systèmes absorbent le sujet, son œuvre se réoriente à partir de son séjour américain dans les années 70 (où il découvre les communautés gays de Californie, comme un modèle possible de réinvention de modes relationnels) vers des horizons d’émancipation nouveaux.

Sartre, avec lequel il partagea des combats politiques, par-delà leurs différends théoriques. Cette articulation entre théorie et pratique se développa après Mai 68, à l’université de Vincennes, puis au Collège de France où il enseignait. Il ne cessa durant les années 70 de prendre part aux luttes sociales, qui pour lui étaient toutes centrales, au même niveau d’importance (prisonniers, immigrés…). Ses engagements se nourrissaient de ses réflexions et réciproquement : cet aller-retour dialectique explique aussi l’évolution de son travail. Inaugurée sous des cieux structuralistes et antihumanistes, dans son livre clé Les Mots et les Choses notamment, dans lequel les structures et les systèmes absorbent le sujet, son œuvre se réoriente à partir de son séjour américain dans les années 70 (où il découvre les communautés gays de Californie, comme un modèle possible de réinvention de modes relationnels) vers des horizons d’émancipation nouveaux.

Comme le soulignent les intervenants du film, qui revendiquent tous des héritages subjectifs avec sa pensée, le geste le plus fort de Foucault fut surtout de ne jamais se laisser enfermer dans des catégories. Impossible à domestiquer intellectuellement, il s’est posé en résistance permanente aux institutions et aux normes. Georges Didi-Huberman le voit comme un “héritier de Baudelaire”, dans son art de créer des relations entre les choses, qui était aussi un art de traverser les frontières du savoir, en opposition à la gestion territoriale de la pensée, dans un geste plus deleuzien.

Ce refus de la clôture, cet appétit de savoir, cette volonté de réinventer les manières de penser, par le recours à l’histoire autant que par l’attention au temps présent, constitue le socle imparable d’une pensée plus cohérente que fragmentée, forgée par l’attention aux mouvements de l’actualité et du passé. Les mots de Foucault, majestueux en eux-mêmes, valaient surtout par leurs reflets dans les choses de la vie.

AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)
François Caillat

IMAGE
Isabelle Razavet

SON
Graciella Barrault

MONTAGE
Martine Bouquin

PRODUCTION / DIFFUSION
The Factory Productions, INA - Institut National de l'Audiovisuel, ARTE France


Le Cercle des petits philosophes - film 2018 - AlloCiné      LE CERCLE DES PETITS PHILOSOPHES (2017)

Quel est le sens de la vie ? Pourquoi on vit ? Pourquoi on meurt ? Qu'est-ce-que l'amour ?

Ces questions, le philosophe et auteur à succès Frédéric Lenoir, les a posées à des enfants de 7 à 10 ans, au cours d'ateliers philosophiques qu'il a mené dans deux écoles primaires durant une année scolaire. Il nous invite à partager les pensées de ces enfants, qui se confrontent à la complexité du monde et la violence de leurs émotions.


Associer l’apprentissage de la méditation et de la philosophie dès le plus jeune âge : c’est l’aventure extraordinaire mise en œuvre par Frédéric Lenoir depuis un an dans deux écoles primaires de la région parisienne. Bien plus qu’un apprentissage des concepts, les enfants s’initient surtout aux règles du débat d’idées et à développer une pensée personnelle. Avec la méditation, ils apprennent à se concentrer et à être attentifs pour développer une réceptivité sensorielle. Quel est le sens de la vie ? Pourquoi meurt-on ? Qu’est-ce que l’amour ? Les réponses d’enfants de 7 à 10 ans sont touchantes, drôles, inattendues.

Mais il ne faudrait pas voir ce travail comme quelque chose de mignon, ou pas uniquement. Ce qui se développe pas à pas, c’est la base de la pensée, la remise en question des certitudes, la capacité à écouter l’autre et lui répondre, celle d’articuler sa pensée. Frédéric Lenoir ne les lâche pas, il reformule parfois leur pensée, il les stimule, les challenge aussi, essaie que chacun puisse aller un peu plus loin. Nous suivons aussi quelques-uns de ces enfants chez eux, où ils livrent avec une grande lucidité leurs réflexions sur la mort ou sur le sens de la vie.

On n’est d’ailleurs pas près d’oublier ce moment où une petite fille, orpheline de son père, livre ses pensées les plus intimes et les plus bouleversantes à la caméra et explique comment la philosophie l’aide dans la vie.

Réalisateur : Cécile Denjean
 Distributeur : L’Atelier Distribution
 Durée : 1h24mn

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