Sigmund Freud     SIGMUND FREUD (1856-1939) 

Sigmund Freud [sigmund fʁ̥øːd]1 ou [fʁœjd]1 (en allemand : [ˈziːkmʊnt ˈfʁɔʏt]2), né Sigismund Schlomo Freud le 6 mai 1856 à Freiberg (Empire d'Autriche) et mort le 23 septembre 1939 à Londres, est un neurologue autrichien, fondateur de la psychanalyse. Médecin viennois, Freud rencontre plusieurs personnalités importantes pour le développement de la psychanalyse, dont il est le principal théoricien. Son amitié avec Wilhelm Fliess, sa collaboration avec Josef Breuer, l'influence de Jean-Martin Charcot et des théories sur l'hypnose de l'École de la Salpêtrière vont le conduire à repenser les processus psychiques. Ses deux grandes découvertes sont la sexualité infantile et l'inconscient. Elles le conduiront à élaborer plusieurs théorisations des instances psychiques, en premier lieu par rapport au concept d'inconscient, en relation avec le rêve et la névrose, puis il proposera une technique de thérapie, la cure psychanalytique. À l'occasion de son voyage en Amérique en 1909, Freud exposera les bases de la technique psychanalytique3,4. C'est dans le cadre de la cure, dès les Études sur l'hystérie, et particulièrement dans sa première analyse du « cas Dora », que Freud découvre peu à peu l'importance du transfert.

INTRODUCTION A LA PSYCHANALYSE (1915)

LE COMPLEXE D'OEDIPE

"Vous êtes sans doute impatients d'apprendre en quoi consiste ce terrible complexe d'Œdipe. Son nom seul vous permet déjà de le deviner. Vous connaissez tous la légende grecque du roi Œdipe qui a été voué par le destin à tuer son père et à épouser sa mère, qui fait tout ce qu'il peut pour échapper à la prédiction de l'oracle et qui, n'y ayant pas réussi, se punit en se crevant les yeux, dès qu'il a appris qu'il a, sans le savoir,commis les deux crimes qui lui ont été prédits. Je suppose que beaucoup d'entre vous ont été secoués par une violente émotion à la lecture de la tragédie dans laquelle Sophocle a traité ce sujet. [...] L'ouvrage du poète attique nous expose comment le crime commis par Oedipe a été peu à peu dévoilé, à la suite d'une enquête artificiellement retardée et sans cesse ranimée à la faveur de nouveaux indices. Sous ce rapport, son exposé présente une certaine ressemblance avec les démarches d'une psychanalyse. Il arrive au cours du dialogue que Jocaste, la mère-épouse aveuglée par l'amour, s'oppose à la poursuite de l'enquête.

Cette tragédie est au fond une pièce immorale, parce qu'elle supprime la responsabilité de l'homme, attribue aux puissances divines l'initiative du crime et révèle l'impuissance des tendances morales de l'homme à résister aux penchants criminels. Entre les mains d'un poète comme Euripide (1 , qui était brouillé avec les dieux, la tragédie d'Œdipe serait devenue facilement un prétexte à récrimination contre les Dieux et contre le destin. Mais, chez le croyant Sophocle (2 , il ne pouvait être question de récrimination; il se tire de la dificulté par une pieuse subtilité, en proclamant que la suprême moralité exige l'obéissance à la volonté des Dieux, alors même qu'ils ordonnent le crime. Je ne trouve aps que cette morale constitue une des force de la tragédie, mais elle n'influe en rien sur l'effet de celle-ci. Ce n'est pas à cette morale que l'auditeur réagit, mais au sens et au contenu mystérieux de la légende. Il réagit comme s'il retrouvait en lui-même, par l'auto-analyse, le complexe d'Œdipe; comme s'il apercevait, dans la volonté des dieux et dans l'oracle, des travestissements idéalisés de son propre inconscient; comme s'il se souvenait avec horreur d'avoir éprouvé lui-même le désir d'écarter son père et d'épouser sa mère.
La voix du poète semble lui dire : « Tu te raidis en vain contre ta responsabilité, et c'est en vain que tu invoques tout ce que tu as fait pour réprimer ces intentions criminelles. Ta faute n'en persiste pas moins puisque, ces intentions, tu n'as pas su les supprimer : elles restent intactes dans ton inconscient. Et il y a là une vérité psychologique. Alors même qu'ayant refoulé ses mauvaises tendances dans l'inconscient, l'homme croit pouvoir dire qu'il n'en est pas responsable, il n'en éprouve pas moins cette responsabilité comme un sentiment de péché dont il ignore les motifs".

Sigmund Freud, Introduction à la psychanalyse (1915), trad. S. Jankélévitch, Éd. Payot, coll. Petite Bibliothèque, 1998, pp. 310-311.

1. Euripide, poète tragique grec (480-406 av. J.-C.). Auteur notamment d'Électre, Andromaque, Iphigénie en Tauride, Oreste. Il fut accusé par ses contemporains d'irrespect envers les dieux.
2. Sophocle, poète tragique grec (496-406 av. J.-C.). Auteur notamment d'Antigone, Œdipe roi, Electre. Il fut attentif aux mobiles psychologiques de ses héros, reléguant la fatalité et la volonté des dieux au second plan.

FREUD, PASSIONS SECRÈTES (1962)

JOHN HUSTON (1906-1987)

Le jeune docteur Sigmund Freud, qui veut se spécialiser dans l'étude des maladies nerveuses, quitte Vienne, échappant ainsi à l'affection encombrante de son père et la bienveillance possessive de sa mère. A Paris, il se rend à l'hôpital de la Salpêtrière, où le docteur Charcot, soigne des hystériques. Il est impressionné par un curieux échange de manifestations hystériques sous l'influence de l'hypnose. De retour à Vienne, le jeune médecin pense braver les interdits pour soigner ses malades sans recourir à la thérapeutique officielle. 

Réalisation : John Huston
Scénario :
Crédités : Wolfgang Reinhardt et Charles Kaufman, d'après une histoire de ce dernier
Non crédités : John Huston et Jean-Paul Sartre
Producteurs : Wolfgang Reinhardt et George Golitzin (associé)
Société de production et de distribution : Universal Pictures
Directeur de la photographie : Douglas Slocombe
Directeur artistique : Stephen B. Grime
Costumes : Doris Langley Moore
Musique : Jerry Goldsmith.

Montgomery Clift (V.F : Roger Rudel) : Sigmund Freud
Susannah York (V.F : Janine Freson) : Cecily Koertner
Larry Parks (V.F : Louis Arbessier) : Le docteur Josef Breuer
Susan Kohner (V.F : Claire Guibert) : Martha Freud
Eileen Herlie : Frau Ida Koertner
Joseph Fürst : Jacob Koertner
Fernand Ledoux (V.F : Lui-même) : Le professeur Jean-Martin Charcot
David McCallum (V.F : Dominique Paturel) : Carl von Schloessen
Rosalie Crutchley : Frau Freud
David Kossoff : Jacob Freud
Eric Portman (V.F : Raymond Loyer) : Le docteur Theodore Meynert

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Carl Gustav Jung, le dissident mystique - Ép. 2/4 - Faut-il tuer Freud ?      CARL-GUSTAV JUNG (1875-1961)

Carl Gustav Jung ([ˈkarl ˈɡʊstaf ˈjʊŋ]1 écouter) est un médecin psychiatre suisse né le 26 juillet 1875 à Kesswil (canton de Thurgovie) et mort le 6 juin 1961 à Küsnacht (canton de Zurich), en Suisse. Fondateur de la psychologie analytique et penseur influent, il est l'auteur de nombreux ouvrages. Son œuvre est liée à la psychanalyse de Sigmund Freud, dont il a été l’un des premiers défenseurs et dont il se sépara par la suite en raison de divergences théoriques et personnelles. Dans ses ouvrages, il mêle réflexions métapsychologiques et pratiques à propos de la cure analytique. Jung a consacré sa vie à la pratique clinique ainsi qu'à l'élaboration de théories psychologiques, mais a aussi exploré d'autres domaines des humanités : depuis l'étude comparative des religions, la philosophie et la sociologie jusqu'à la critique de l'art e

La clarté ne naît pas de ce qu’on imagine le clair, mais de ce qu’on prend conscience de l’obscur. Nous nous rencontrons maintes et maintes fois sous mille déguisements sur les chemins de la vie. Il est assez stérile d’étiqueter les gens et de les caser dans des catégories. Seuls les psychologues inventent des mots pour les choses qui n’existent pas! La psychanalyste s’arrête quand le patient est ruiné

Le moi

J'entends par « moi » un complexe de représentations formant, pour moi-même, le centre du champ conscienciel, et me paraissant posséder un haut degré de continuité et d'identité avec lui-même. C'est pourquoi je parle aussi du complexe du moi. Le complexe du moi est un contenu du conscient ; c'est aussi une condition de ce conscient, car un élément psychologique ne m'est conscient que s'il est en rapport avec le complexe du moi. Mais le moi n'étant que le centre du champ conscienciel ne se confond pas avec la totalité de la psyché ; ce n'est qu'un complexe parmi beaucoup d'autres. Il y a donc lieu de distinguer entre le moi et le soi, le moi n'étant que le sujet de ma conscience, alors que le soi est le sujet de la totalité de la psyché, y compris l'inconscient. En ce sens, le soi serait une grandeur (idéelle) qui comprend en elle le moi. Il apparaît volontiers dans l'imagination inconsciente sous l'aspect d'une personnalité supérieure ou idéale, un peu comme le Faust de Goethe, ou le Zarathoustra de Nietzsche. Pour garder au soi son auréole d'idéal, ses traits archaïques sont fréquemment séparés du soi « supérieur » pour former une figure spéciale, Méphisto chez Goethe, Épiméthée chez Spitteler. Dans la psychologie chrétienne, ce sont les figures du Christ et du diable ou antéchrist, tandis que Zarathoustra, de Nietzsche, découvre son ombre dans l'« homme le plus laid ».

Inconscient collectif

Théoriquement, on ne peut fixer de limites au champ de la conscience puisqu'il peut s'étendre indéfiniment. Empiriquement, cependant, il trouve toujours ses bornes quand il atteint l'inconnu. Ce dernier est constitué de tout ce que nous ignorons, de ce qui, par conséquent, n'a aucune relation avec le moi, centre du champ de la conscience. L'inconnu se divise en deux groupes d'objets : 1. ceux qui sont extérieurs et qui seraient accessibles par les sens et 2. les données qui sont intérieures et qui seraient l'objet de l'expérience immédiate. Le premier groupe constitue l'inconnu du monde extérieur ; le second, l'inconnu du monde intérieur. Nous appelons inconscient ce dernier champ.

A DANGEROUS METHOD (2011)

DAVID CRONENBERG (né en 1943)

Se déroulant à l'aube de la Première Guerre mondiale, en Suisse et en Autriche, le film revient sur les relations parfois tumultueuses qui ont lié Carl Gustav Jung (Michael Fassbender), fondateur de la psychologie analytique, Sabina Spielrein (Keira Knightley), patiente de Carl Jung et future psychanalyste, et Sigmund Freud (Viggo Mortensen), père de la psychanalyse.

Réalisation : David Cronenberg
Scénario : Christopher Hampton, d'après sa propre pièce, elle-même adaptée du roman A Most Dangerous Method de John Kerr (en)
Musique : Howard Shore.

Viggo Mortensen (VF : Gabriel Le Doze1 et VQ : Pierre Auger)2 : Sigmund Freud
Keira Knightley (VF : Sybille Tureau et VQ : Mélanie Laberge) : Sabina Spielrein
Michael Fassbender (VF : Stéphane Pouplard et VQ : Daniel Picard) : Carl Gustav Jung
Vincent Cassel (VF et VQ : lui-même) : Otto Gross
Sarah Gadon (VF : Chloé Berthier et VQ : Émilie Bibeau) : Emma Jung
André Hennicke (VQ : François Godin) : le professeur Eugen Bleuler

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Ludwig Wittgenstein — Wikipédia     LUDWIG WITTGENSTEIN (1889-1951)


Ludwig Josef Johann Wittgenstein, né à Vienne en Autriche-Hongrie le 26 avril 1889 et mort à Cambridge au Royaume-Uni le 29 avril 1951, est un philosophe et mathématicien autrichien, puis britannique, qui apporta des contributions décisives en logique, dans la théorie des fondements des mathématiques et en philosophie du langage.
Ludwig Wittgenstein ne publia de son vivant qu’une œuvre majeure2 : le Tractatus logico-philosophicus, dont une première version parut en 1921 à Vienne. Dans cette œuvre influencée à la fois par la lecture de Schopenhauer et de Kierkegaard, et par Frege, Moore et Russell, Wittgenstein montre les limites du langage et de la faculté de connaître de l’être humain.

L'IMAGE DU MONDE : LA PENSÉE

2.1 — Nous nous faisons des images des faits.

2.11 — L'image présente la situation dans l'espace logique, la subsistance et la non-subsistance des états de choses.

2.12 — L'image est un modèle de la réalité.

[...]

2.21 — L'image s'accorde ou non avec la réalité ; elle est correcte ou incorrecte, vraie ou fausse.

[...]

2.225 — Il n'y a pas d'image vraie a priori.

3 — L'image logique des faits est la pensée.

3.001 — « Un état de choses est pensable » signifie : nous pouvons nous en faire une image.

3.01 — La totalité des pensées vraies est une image du monde.

3.02 — La pensée contient la possibilité des situations qu'elle pense. Ce qui est pensable est aussi possible.

3.03 — Nous ne pouvons rien penser d'illogique, parce que nous devrions alors penser illogiquement.

3.031 — On a dit que Dieu pouvait tout créer, sauf seulement ce qui contredirait aux lois de la logique. — En effet, nous ne pourrions pas dire à quoi ressemblerait un monde « illogique ».

3.032 — Figurer dans le langage quelque chose de « contraire à la logique », on ne le peut pas plus que figurer en géométrie par ses coordonnées une figure qui contredirait aux lois de l'espace ; ou donner les coordonnées d'un point qui n'existe pas.

3.0321 — Nous pouvons bien figurer spatialement un état de choses qui heurte les lois de la physique, mais non pas un état de choses qui heurte celles de la géométrie.

3.04 — Une pensée correcte a priori serait telle que sa possibilité détermine sa vérité.

3.05 — Nous ne pourrions savoir a priori qu'une pensée est vraie, que si sa vérité pouvait être reconnue dans la pensée même (sans objet de comparaison).

3.1 — Dans la proposition la pensée s'exprime pour la perception sensible.

3.11 — Nous usons du signe sensible (sonore ou écrit, etc.) de la proposition comme projection de la situation possible.

La méthode de projection est la pensée du sens de la proposition.

3.12 — Le signe par lequel nous exprimons la pensée, je le nomme signe propositionnel. Et la proposition est le signe propositionnel dans sa relation projective au monde.

[...]

3.144 — Les situations peuvent être décrites, non nommées. (Les noms sont comme des points, les propositions comme des flèches, elles ont un sens.)

[...]

WITTGENSTEIN (1993)

DEREK JARMAN (1942-1994)

Le film retrace la pensée et la vie du philosophe autrichien Ludwig Wittgenstein au travers de différentes saynètes.


Réalisateur : Derek Jarman
Scénario : Terry Eagleton, Ken Butler, Derek Jarman.

Clancy Chassay (en) : Wittgenstein enfant
Karl Johnson (en) : Wittgenstein adulte
Michael Gough : Bertrand Russell
Tilda Swinton : Ottoline Morrell
John Quentin1 : Keynes
Kevin Collins (en) : Johnny
Nabil Shaban (en) : Monsieur Vert, le Martien.


Jean-Paul Sartre | Retratos, Poetas famosos, Escritores     JEAN-PAUL SARTRE (1905-1980)


Jean-Paul Charles Aymard Sartre [ ʒãpol saχtχ]n 1, né le 21 juin 1905 dans le 16e arrondissement de Paris et mort le 15 avril 1980 dans le 14e arrondissement, est un écrivain et philosophe français, représentant du courant existentialiste, dont l'œuvre et la personnalité ont marqué la vie intellectuelle et politique de la France de 1945 à la fin des années 1970. Écrivain prolifique, fondateur et directeur de la revue Les Temps modernes (1945), il est connu aussi bien pour son œuvre philosophique et littéraire qu'en raison de ses engagements politiquesn 2, d'abord en liaison avec le Parti communiste, puis avec des courants gauchistes, au sens léniniste2 du terme, plus particulièrement maoïstes, dans les années 1970. 
Il a partagé sa vie avec Simone de Beauvoir, philosophe de l'existentialisme et féministe, avec laquelle il a formé un couple célèbre du xxe siècle. Leurs philosophies, bien que très proches, ne sauraient être confondues. De 1949 jusqu'à sa mort, il a simultanément vécu une liaison avec Michelle Vian, la première épouse de Boris Vian, qui tape notamment ses textes à la machine en vue de leur parution dans la revue Les Temps modernes3,4.
Il s'investit en effet sur de nombreux sujets, embrassant avec ferveur les causes qui lui ont semblé justes. Parfois assimilé à un Voltairen 4 du xxe siècle, Sartre demeure un militant jusqu'au bout de sa vie.

L'EXISTIALISME EST UN HUMANISME (1945)

L'existentialisme athée que je représente, est plus cohérent. Il déclare que si Dieu n'existe pas, il y au moins un être chez qui l'existence précède l'essence, un être qui existe avant de pouvoir être défini par aucun concept et que cet être, c'est l'homme ou, comme dit Heidegger, la réalité humaine. Qu'est-ce que signifie ici que l'existence précède l'essence ? Cela signifie que l'homme existe d'abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu'il se définit après. L'homme, tel que le conçoit l'existentialisme, s'il n'est pas définissable, c'est qu'il n'est d'abord rien. Il ne sera qu'ensuite, et il sera tel qu'il sera fait. Ainsi, il n'y a pas de nature humaine, puisqu'il n'y a pas de Dieu pour la concevoir. L'homme est seulement, non seulement tel qu'il se conçoit, mais tel qu'il se veut, et comme il se conçoit après l'existence, comme il se veut après cet élan vers l'existence ; l'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se fait. Tel est le premier principe de l'existentialisme. C'est aussi ce qu'on appelle la subjectivité, et que l'on nous reproche sous ce nom même. Mais que voulons-nous dire par là, sinon que l'homme a une plus grande dignité que la pierre ou que la table ? Car nous voulons dire que l'homme existe d'abord, c'est à dire que l'homme est d'abord ce qui se jette vers un avenir, et ce qui est conscient de se projeter dans l'avenir. L'homme est d'abord un projet qui se vit subjectivement, au lieu d'être une mousse, une pourriture ou un chou-fleur ; rien n'existe préalablement à ce projet ; rien n'est au ciel intelligible, et l'homme sera d'abord ce qu'il aura projeté d'être. Non pas ce qu'il voudra être. Car ce que nous entendons ordinairement par vouloir, c'est une décision consciente, et qui est pour la plupart d'entre nous postérieure à ce qu'il s'est fait lui-même. Je peux vouloir adhérer à un parti, écrire un livre, me marier, tout cela n'est qu'une manifestation d'un choix plus originel, plus spontané que ce qu'on appelle volonté.

LE DEUXIÈME SEXE

On ne naît pas femme : on le devient. Aucun destin biologique, psychique, économique ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine ; c'est l'ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu'on qualifie de féminin. Seule la médiation d'autrui peut constituer un individu comme un Autre. En tant qu'il existe pour soi, l'enfant ne saurait se saisir comme sexuellement différencié. Chez les filles et les garçons, le corps est d'abord le rayonnement d'une subjectivité, l'instrument qui effectue la compréhension du monde : c'est à travers les yeux, les mains, non par les parties sexuelles qu'ils appréhendent l'univers. Le drame de la naissance, celui du sevrage se déroulent de la même manière pour les nourrissons des deux sexes ; ils ont les mêmes intérêts et les mêmes plaisirs ; la succion est d'abord la source de leurs sensations les plus agréables ; puis ils passent par une phase anale où ils tirent leurs plus grandes satisfactions des fonctions excrétoires qui leur sont communes ; leur développement génital est analogue ; ils explorent leur corps avec la même curiosité et la même indifférence ; du clitoris et du pénis ils tirent un même plaisir incertain ; dans la mesure où déjà leur sensibilité s'objective, elle se tourne vers la mère : c'est la chair féminine douce, lisse élastique qui suscite des désirs sexuels et ces désirs sont préhensifs. 

A PROPOS DE FIDEL CASTRO ...

Un soir, quelques jours avant mon arrivée, on tint un conseil des ministres. Tout le monde fut présent à l’heure dite, sauf [Fidel] Castro, que ses collaborateurs, penchés aux fenêtres, finirent par découvrir au milieu d’une centaine de femmes et de jeunes filles dont ils entendaient les pleurs et les cris. Fidel s’échappa, entra par une porte, au hasard, erra dans les couloirs, arriva longtemps après dans la salle du conseil. Il était sombre. (…)
Ces jeunes femmes, autant que je me rappelle, désiraient être institutrices ; une école privée, abusant plus ou moins de leur confiance, leur avait pris de l’argent, un an de travail, et finalement délivré un diplôme dont les directeurs affirmaient que l’État le reconnaissait officiellement et qu’il donnait le droit d’enseigner. Bien entendu, le diplôme ne valait rien ; les jeunes femmes se rendirent au ministère de l’instruction publique : pas de poste, on leur apprit qu’elles avaient été victimes d’une escroquerie. Depuis, à tous les coins de rue, elles guettaient Castro et pleuraient. (…) « Il faut faire quelque chose pour elles. » [Castro] ne s’adressait à personne ; il répéta, tourné, cette fois, vers [Armando] Hart : « Tu feras quelque chose pour elles... » Hart protesta : non pour refuser de les aider, mais pour se justifier.
« Elles ne sont pas seulement victimes, dit-il, mais plus qu’à moitié complices : elles ont toutes été recalées aux examens d’État. Et plusieurs fois, ce qui leur ôte le droit de s’y représenter. Elles savaient fort bien que ce diplôme privé ne valait rien ; elles ont voulu l’avoir pour nous forcer la main. » (…) Il répéta doucement mais fermement : « Il faut leur donner quelque chose, Armando. » Tout le monde demanda pourquoi : il répondit avec conviction mais sans autre explication : « Parce qu’elles réclament. » Il montra la cour, par la fenêtre, et dit : « Elles sont venues, elles ont attendu, elles ont pleuré. » 
Ses camarades demandèrent, surpris : « Et cela suffit ? »
Il hocha la tête et dit avec une telle force : « Oui, ça suffit » qu’ils préférèrent régler l’affaire tout de suite. (…) Je me dis qu’il fallait l’interroger lui-même. Je lui dis :
« Tous ceux qui demandent, quoi qu’ils demandent, ont le droit de l’obtenir… (...)
— Oui ! (...)
— Et si l’on vous demandait la lune », dis-je, sûr de sa réponse.
Il tira sur son cigare, constata qu’il s’était éteint, le posa et se retourna vers moi.
« Si l’on me demandait la lune, c’est qu’on en aurait besoin », me répondit-il.

Jean-Paul Sartre, « Ouragan sur le sucre », France-Soir, 14 juillet 1960.

LES AMANTS DU FLORE (2006)

ILAN DURAN COHEN (né en 1963)

1924. Simone de Beauvoir, une jeune fille brillante et réservée, prépare l’agrégation de philosophie. Mais sous ses airs de jeune fille rangée, elle cache en réalité un tempérament singulier que seul Jean-Paul Sartre, un étudiant aussi doué que rebelle, parvient à deviner. Sartre, qui s’inspire de sa vie pour construire sa philosophie, va faire connaître à Simone son premier amour et l’entraîner dans une vie aussi riche que dissolue. Simone de Beauvoir n’en sortira pas indemne. Elle décide de sacrifier l’amour conventionnel au profit de l’édification de son œuvre. C’est ainsi qu’elle trouvera l’inspiration pour son œuvre majeure, Le Deuxième Sexe...


Réalisation : Ilan Duran Cohen
Scénario : Chantal de Rudder, Évelyne Pisier
Production : Sophie Ravard, Nicolas Traube
Photographie : Christophe Graillot
Son : Frédéric Ullmann
Montage : Hugues Orduna
Distribution des rôles : Frédérique Amand
Décors : Chantal Giuliani
Costumes : Sylvie de Segonzac
Musique : Grégoire Hetzel.

Anna Mouglalis : Simone de Beauvoir
Lorànt Deutsch : Jean-Paul Sartre
Caroline Sihol : Françoise de Beauvoir
Kal Weber : Nelson Algren
Clémence Poésy : Lumi
Julien Baumgartner : Tyssen
Sarah Stern : Tania
Didier Sandre : Georges de Beauvoir
Jennifer Decker : Marina
Vladislav Galard : Paul Nizan
Laetitia Spigarelli : Lola
Robert Plagnol : Albert Camus
: Albi
Philippe Bardy : François Mauriac
Nada Strancar : Directrice du Lycée


SARTRE, L'ÂGE DES PASSIONS (2006)

CLAUDE GORETTA (1929-2019)

Réalisateur : Claude Goretta
Scénaristes : Michel-Antoine Burnier, Michel Contat, Claude Goretta, Jacques Kirsner
Musique : Baptiste Trotignon.

Denis Podalydès : Jean-Paul Sartre
Anne Alvaro : Simone de Beauvoir
Maya Sansa : Carla
Frédéric Gorny : Frédéric
Élisabeth Vitali : Sylvie Regnier
Nino Kirtadzé : Lena Zonina
Christophe Reymond : Alexis
François Aramburu : Claude L.
Emmanuel Salinger : Jacques-Laurent B.
Alexandre Arbatt : écrivain russe
Pierre Banderet : docteur
Lambert Bastar : étudiant en sursis
Ahmed Belbachir : patron bistrot
Eve Bitoun : Monique
Carlo Brandt : Robert Gallimard

Le best-of des Idées de la semaine - Libération


The Day Ayn Rand Died. March 6th with the be 37th anniversary… | by James  Peron | The Radical Center | Medium     AYN RAND (1905-1982)

Ayn Rand [ˈaɪn ˈɹænd]1, de son vrai nom Alissa Zinovievna Rosenbaum (russe : Али́са Зино́вьевна Розенба́ум [aˈlʲɪsa zʲɪˈnovʲɪvnə rəzʲɪnˈbaʊm]2), est une philosophe3, scénariste et romancière américaine d'origine russe, juive athée, née le 2 février 1905 à Saint-Pétersbourg et morte le 6 mars 1982 à New York. Ayn Rand est connue pour sa philosophie objectiviste. Elle a écrit de nombreux essais philosophiques sur des concepts tenant de la pensée libérale, comme la liberté, la justice sociale, la propriété ou l'État et dont le principal est La Vertu d'égoïsme (The Virtue of Selfishness en langue originale). Ses contributions principales s'inscrivent dans les domaines de l'éthique, de la philosophie politique et de l'épistémologie. Populaires hors du champ universitaire, ses idées et leurs supports (ses romans et essais) ne reçoivent pour autant pas un grand assentiment des philosophes, sans doute rebutés par son style assez polémique et le ton parfois dogmatique de certains de ses soutiens.

L'HOMME A T-IL BESOIN OU D'UN CODE DE VALEURS, ET POURQUOI ?

La première question à laquelle on doit répondre, comme condition préalable à toute tentative de définir, de juger ou d’accepter quelque système éthique que ce soit, est : Pourquoi l’homme a-t-il besoin d’un code de valeurs ?
J’insiste sur ce point. La première question n’est pas : quel code de valeurs particulier l’homme doit-il accepter ? Mais : l’homme a-t-il ou non besoin d’un code de valeurs, et pourquoi ?
Le concept de valeur, du « bon » et du « mauvais », est-il une invention humaine arbitraire, un concept n’ayant aucune relation avec les faits de la réalité, dont la source ne proviendrait pas d’eux ni ne serait fondé sur eux, ou est-il fondé sur un fait métaphysique, une condition invariable de l’existence de l’homme ? (J’utilise le terme « métaphysique » pour signifier ce qui concerne la réalité, la nature des choses, l’existence.) Le fait que l’homme doit guider ses actions suivant un ensemble de principes, est-il décrété par une convention humaine arbitraire, une simple coutume, ou existe-t-il un fait de la réalité qui l’exige ? L’éthique est-elle du domaine de l’irrationnel (caprices, émotions personnelles, contraintes sociales, révélations mystiques), ou du domaine de la raison ? L’éthique est-elle un luxe subjectif, ou une nécessité objective ?
Dans les tristes annales de l’histoire de l’éthique, les moralistes ont, sauf en de très rares et infructueuses exceptions, considéré l’éthique comme étant du domaine de l’irrationnel. Certains l’ont fait d’une manière explicite, intentionnellement ; d’autres, implicitement, par défaut. Est « irrationnel » le désir ressenti par une personne qui n’en connaît pas la cause et ne tient pas à la connaître.
Aucun philosophe n’a donné une réponse scientifique, objectivement démontrable et rationnelle à la question : Pourquoi l’homme a-t-il besoin d’un code de valeurs ? Aussi longtemps que cette question demeura sans réponse, aucun code éthique objectif, scientifique et rationnel n’a pu être découvert ou défini. Le plus grand de tous les philosophes, Aristote, ne considérait pas l’éthique comme une science exacte ; il fonda son système éthique sur l’observation de ce que les hommes sages de son temps choisissaient de faire, laissant sans réponses les questions suivantes : qu’est‑ce qui motivait leurs choix ? et pourquoi considérait-il ces hommes comme sages ?

l’Ethique objectiviste (1961)

THE PASSION OF AYN RAND (1999)

CHRISTOPHER MENAUL (né en 1944)

Le film met en vedette Helen Mirren dans le rôle du philosophe et romancier Ayn Rand , qui s'engage dans une liaison avec Nathaniel Branden , interprétée par Eric Stoltz , un psychologue de 25 ans plus jeune qu'elle. Branden a créé un institut pour diffuser les idées de Rand, mais les deux se sont finalement disputés. Le film met également en vedette Julie Delpy dans le rôle de Barbara, l'épouse de Branden et Peter Fonda dans le rôle du mari de Rand, Frank O'Connor.

Réalisation : Christopher Menaul
Scénario : Howard Korder et Mary Gallagher d'après le livre de Barbara Branden
Musique : Jeff Beal.

Helen Mirren : Ayn Rand
Eric Stoltz : Nathaniel Branden
Julie Delpy : Barbara Branden
Peter Fonda : Frank O'Connor
Sybil Darrow : Caroline
Tom McCamus : Richard
Don McKellar : Alfred
Sergio Di Zio : Étudiant
Domenico Fiore : Businessman


Citations de Hannah Arendt    HANNAH ARENDT (1906 - 1975)

Hannah Arendt, née Johanna Arendt1 à Hanovre le 14 octobre 1906 et morte le 4 décembre 1975 à New York, est une politologue, philosophe et journaliste allemande naturalisée américaine, connue pour ses travaux sur l’activité politique, le totalitarisme, la modernité et la philosophie de l'histoire. Elle soulignait toutefois que sa vocation n'était pas la philosophie mais la théorie politique (« Mein Beruf ist politische Theorie »)2. C'est pourquoi elle se disait « politologue » (« political scientist »)3 plutôt que philosophe. Son refus de la philosophie est notamment évoqué dans Condition de l'homme moderne où elle considère que « la majeure partie de la philosophie politique depuis Platon s'interpréterait aisément comme une série d'essais en vue de découvrir les fondements théoriques et les moyens pratiques d'une évasion définitiv

SUR LA BANALITÉ DU MAL

Mais la vantardise est un vice courant et il y avait dans le caractère d’Eichmann un défaut plus spécifique, et aussi plus décisif : une incapacité quasi-totale de considérer quoi que ce soit du point de vue de l’autre ».

Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem, « Un spécialiste de la question juive ».

Certes, les juges avaient raison lorsqu’ils finirent par dire à l’accusé que tout ce qu’il avait dit était du bavardage creux, si ce n’est qu’ils pensaient que ce « creux » était feint et que l’accusé voulait dissimuler d’autres pensées qui, bien que hideuses, n’étaient pas creuses. Une telle supposition ne tient pas si l’on considère la remarquable constance avec laquelle Eichmann, malgré sa mauvaise mémoire, répétait mot pour mot les mêmes expressions toutes faites et les mêmes clichés de son invention (lorsqu’il parvenait à construire une phrase lui-même, il la répétait jusqu’à ce qu’elle devînt un cliché) chaque fois qu’il faisait allusion à un incident ou à un événement important pour lui. Qu’il écrivît ses mémoires en Argentine ou à Jérusalem, qu’il s’adressât à l’officier de police qui l’interrogeait ou au tribunal, il disait toujours la même chose, avec les mêmes mots. Plus on l’écoutait, plus on se rendait à l’évidence que son incapacité à parler était étroitement liée à son incapacité à penser – à penser notamment du point de vue de quelqu’un d’autre. Il était impossible de communiquer avec lui, non parce qu’il mentait, mais parce qu’il s’entourait du plus efficace des mécanismes de défense contre les mots et la présence des autres, et partant, contre la réalité en tant que telle ».

Hannah Arendt, Eichmann à Jérusalem

Pour Socrate, la dualité du deux-en-un signifie tout simplement que si l’on veut penser, il faut s’arranger pour que les deux interlocuteurs soient en bonne forme et soient amis l’un de l’autre. Le partenaire qui fait son apparition quand on est seul, l’esprit en éveil, est bien le seul qu’on ne puisse jamais planter là- si ce n’est en cessant de penser. Il vaut mieux subir le mal que le faire, parce qu’on peut rester ami de la victime ; mais qui irait être l’ami d’un meurtrier, vivre avec lui ? (…) La pensée, au sens non-cognitif et non spécialisé( …) n’est pas la prérogative d’une minorité mais une faculté constamment présente en chacun de nous ; de plus, l’incapacité de penser n’est pas le défaut des légions de gens qui manquent d’intelligence mais une possibilité qui, sans arrêt, guette tout un chacun- y compris les hommes de laboratoire, les érudits, et autres spécialistes de l’équipée mentale. Tout le monde peut être amené à fuir ce rapport à soi-même dont Socrate a le premier découvert qu’il était réalisable et important (…) Son critère d’action [au moi pensant] ne sera pas les règles habituelles, reconnues des multitudes et entérinées par la société, il sera de savoir si je me sentirai capable de vivre en paix avec moi-même, une fois venu le temps de réfléchir sur mes actes et mes paroles. La conscience est l’anticipation de l’individu qui vous attend chaque fois qu’on veut bien rentrer chez soi ».

Hannah Arendt, La Vie de l’esprit.

HANNAH ARENDT (2012)

MARGERETHE VON TROTTA (née en 1942)

1961. Hannah Arendt est une philosophe américaine respectée. Juive et d'origine allemande, elle a fui l'Allemagne nazie en 1933. À sa demande, elle est envoyée à Jérusalem par le New Yorker pour assister au procès d'Adolf Eichmann, criminel de guerre nazi responsable de la déportation de millions de Juifs. Sa lecture du procès, des motivations et de la personnalité d'Eichmann, sa mise en lumière de la collaboration des Judenräte avec les nazis lui attirent de vives réprobations et des manifestations d'inimitié non seulement parmi les rescapés de la Shoah, mais aussi parmi ses proches.

Réalisation : Margarethe von Trotta
Scénario : Pamela Katz (en) et Margarethe von Trotta
Musique : André Mergenthaler.

Barbara Sukowa (V. F. : Françoise Vallon) : Hannah Arendt
Axel Milberg (V. F. : Bruno Abraham-Kremer) : Heinrich Blücher
Janet McTeer (V. F. : Marie-Armelle Deguy) : Mary McCarthy
Julia Jentsch (V. F. : Marie Donnio) : Lotte Köhler
Ulrich Noethen (V. F. : Arnaud Bedouët) : Hans Jonas
Michael Degen (en) (V. F. : Didier Flamand) : Kurt Blumenfeld
Victoria Trauttmansdorff (V. F. : Claire Beaudoin) : Charlotte Beradt
Klaus Pohl (V. F. : Christian Gonon) : Martin Heidegger
Nicholas Woodeson (V. F. : Georges Claisse) : William Shawn
Harvey Friedman (en) (V. F. : Laurent Natrella) : Thomas Miller
Adolf Eichmann : lui-même (images d'archives)

Hannah Arendt "Zur Person" Full Interview (with English Subtitles) GIF |  Gfycat


https://www.philomag.com/sites/default/files/styles/sidebar_full_image/public/images/camus_albert_ruedesarchives.2080264.jpg     ALBERT CAMUS (1913-1960)

Albert Camus, né le 7 novembre 1913 à Mondovi (aujourd’hui Dréan), près de Bône (aujourd’hui Annaba), en Algérie, et mort accidentellement le 4 janvier 1960 à Villeblevin, dans l'Yonne en France, est un écrivain, philosophe, romancier, dramaturge, essayiste et nouvelliste français. Il est aussi journaliste militant engagé dans la Résistance française et, proche des courants libertaires, dans les combats moraux de l'après-guerre. Son œuvre comprend des pièces de théâtre, des romans, des nouvelles, des films, des poèmes et des essais dans lesquels il développe un humanisme fondé sur la prise de conscience de l'absurde de la condition humaine mais aussi sur la révolte comme réponse à l'absurde, révolte qui conduit à l'action et donne un sens au monde et à l'existence. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1957.

L'ABSURDE & LE NIHILISME


– “L’absurde, c’est la raison lucide qui constate ses limites”
– “Dieu nie le monde, et moi je nie Dieu ! Vive rien puisque c’est la seule chose qui existe !”
– “L’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde”

LA CONDITION HUMAINE


– “L’homme est la seule créature qui refuse d’être ce qu’elle est”
– “La grandeur de l’homme est dans sa décision d’être plus fort que sa condition”
– “Tout le malheur des hommes vient de l’espérance”
– “Le sens de la vie supprimé, il reste encore la vie”
– “L’homme absurde dit oui et son effort n’aura plus de cesse. S’il y a un destin personnel, il n’y a point de destinée supérieure ou du moins il n’en est qu’une dont il juge qu’elle est fatale et méprisable. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux”

LE SUICIDE


– “Un geste comme le suicide se prépare dans le silence du coeur au même titre qu’une grande oeuvre”
– “Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de la philosophie”

LA POLITIQUE


– “Toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme”
– “La passion la plus forte du vingtième siècle : la servitude”
– “Quand nous serons tous coupables, ce sera la démocratie”
– “La société politique contemporaine : une machine à désespérer les hommes”
– “La démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité”
– “La liberté, seule valeur impérissable de l’histoire”

Livre: Œuvres, Albert Camus, Gallimard, Quarto, 9782070140855 -  Leslibraires.fr

L'AMOUR & LA TENDRESSE


– “S’il est une chose qu’on puisse désirer toujours et obtenir quelquefois, c’est la tendresse humaine”
– “Je ne connais qu’un seul devoir, et c’est celui d’aimer”
– “L’homme a deux faces : il ne peut pas aimer sans s’aimer”
– “Aimer un être, c’est accepter de vieillir avec lui”
– “Il n’y a pas d’amour de vivre sans désespoir de vivre”
– “C’est cela l’amour, tout donner, tout sacrifier sans espoir de retour”
– “Pourquoi faudrait-il aimer rarement pour aimer beaucoup ?”

LA PEINE DE MORT


– “L’exécution capitale n’est pas simplement la mort. Elle est aussi différente, en son essence, de la privation de vie, que le camp de concentration l’est de la prison. Elle est un meurtre, sans doute, et qui paye arithmétiquement le meurtre commis. Mais elle ajoute à la mort un règlement, une préméditation publique et connue de la future victime, une organisation, enfin, qui est par elle-même une source de souffrances morales plus terribles que la mort. Il n’y a donc pas équivalence”

CAMUS (2010)

LAURENT JAOUI (né en 


Lors du réveillon 1959, Albert Camus écrit à sa mère pour la convaincre de quitter l'Algérie et le rejoindre en France. Il revoit des épisodes de son enfance et surtout les dix dernières années de sa vie, les amours de sa vie, sa rupture avec Sartre, son prix Nobel. Il meurt 4 jours plus tard dans un accident de la route.

    Réalisateur : Laurent Jaoui
    Scénario : Philippe Madral, Laurent Jaoui, Quentin Raspail d'après Albert Camus, une vie d'Olivier Todd
    Musique : François Staal.

    Stéphane Freiss : Albert Camus
    Anouk Grinberg : Francine Camus
    Gaëlle Bona : La Danoise
    Guillaume de Tonquédec : Michel Gallimard
    Florie Auclerc : Anouchka Gallimard
    Juliette Pioli : Catherine Camus, 14 ans
    Augustin Lepinay : Jean Camus, 14 ans
    Chantal Mutel : Fernande
    Isabelle Rougerie : Christiane
    Camille de Sablet : Maria Casarès


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